Le groupe d' adultes de la chainée castélloise

 

 

 

La Chaînée, souvenez-vous…

 

En 1966, disparaît au Châtelet un des plus célèbres vielleux de la région : Gaston Guillemain. Rares sont les familles castelloises qui n’ont pas fait appel à Gaston pour jouer la noce des gamins. Et tous les couples ont valsé ou dansé la bourrée au son de sa vielle lors des fêtes patronales des villages alentours.

 

Jean-Claude Laporte fut le dernier élève de Gaston ; ce maître de la vielle a su lui transmettre son répertoire et sa passion de la musique traditionnelle.

 

A cette époque, dans notre Boischaut, le tissu agricole, toujours dense, est fidèle à ses patrons : Saint-Vincent pour les vignerons, Saint-Blaise pour les « bounhoumes ».

 

Au départ, c’est pour fêter dignement Saint-Vincent que Jean-Claude et un petit groupe de copains décident de réapprendre à danser les bourrées connues de leurs aïeux avec l’aide d’un autre passionné : Roger Pearron. Ainsi naît la Chaînée Castelloise en 1968.

 

Les demandes de sorties commencent à affluer des communes environnantes et le groupe s’étoffe peu à peu en formant des enfants à la danse traditionnelle qui connaît à cette époque un regain d’intérêt. Lors des répétitions, les grands apprennent aux petits.

 

Très vite, les membres du groupe sentent la nécessité d’élargir le répertoire et participent à de nombreux stages d’Arts et de Traditions Populaires. Jean-Claude, inlassablement, forme des vielleux : le groupe compte une quinzaine de musiciens. La Chaînée Castelloise présente sa musique et ses danses hors de nos frontières ( Suisse, Allemagne, Canada, Algérie, Pologne).

 

En même temps, une nouvelle énergie se développe au sein du groupe grâce aux jeunes qui participent au festival international de groupes d’enfants à Scheessel en Allemagne. Nous sommes en 1984. Dix ans plus tard, d’autres enfants effectueront un échange fructueux avec les petits Polonais de Kolobjeck.

 

Désormais, les activités de La Chaînée Castelloise se diversifient. Outre la musique et la danse, s’effectue un travail sur le répertoire traditionnel de chants de bergère et les activités de ces femmes :le cardage et le filage de la laine, la broderie et la dentelle tandis que les hommes apprennent à faire des paniers, des bourolles et du rempaillage autant de savoirs ancestraux, , à préserver d’urgence comme symboles d’une vie rurale en autarcie.

 

Le groupe s’intéresse aussi au passé récent : le vingtième siècle et collectionne les vêtements de l’époque ainsi que les témoignages . Deux spectacles en résultent 

 

«  Magazine de mode rétro » présentant 250 costumes mais aussi,évènements, musique et danses d’époque

 

« Autour des bals clandestins » . Pendant la période sombre de la guerre, dans notre Boischaut, comme ailleurs sans doute, les jeunes bravent l’interdiction de danser et organisent des bals en petits comités dans des granges ou des maisons abandonnées. Et on s’amuse !

 

Dans le souci d’assurer la pérennité du groupe, les jeunes sont toujours particulièrement encouragés pour la pratique de la musique , de la danse et du chant avec un spectacle de 18 participants entre 5 et 14 ans dont 8 musiciens.